Ecrivain

Catégorie : Coups de coeur et lectures (Page 2 of 18)

SURRE GARCIA Alem, Man Trobat, récit, Ed. ASG :

Quel manque à gagner qu’un livre d’un tel auteur soit produit marginalement, presque sous le manteau ! Car cette œuvre est le fait d’un homme seul, préfacée par Gabrial, un pseudonyme, illustrée et éditée par l’auteur soi-même (ASG). Cela s’explique certes par le contenu marginal, en ce qu’il se situe à des centaines de kilomètres d’une capitale où se fait la littérature française, si tant est qu’elle ne soit pas encore entièrement évincée par l’étrangère, nord-américaine notamment. Et pourtant, quel plaisir et quel soulagement de lire ces lignes outrepassant les conventions et évidences. Alem est autant philosophe que poète, c’est dire s’il vit et écrit par-delà le monde actuel. Héritier des occitans défaits au cours des siècles mais pensants et critiquants, il conte ici l’histoire d’un enfant trouvé (M’an trobat) qui se heurte en héros picaresque, au monde de la grande Babylone. Occasion à la fois de brocarder la vie d’aujourd’hui et d’exposer la skyzophrénie induite d’un personnage, sinon celle de l’auteur. Rien d’étonnant qu’une des premières épreuves soit celle du « Fin’amor club » où l’on ne propose que des candidates blondes et sophistiquées. Pour Man trobat qui voudrait une brune sans maquillage ni tatouage ni percing… on ne trouverait qu’une carmélite ou une sauvage. Loin de l’amour courtois par le kilométrage et aussi par le temps ! Et encore par la langue (occitane), soit la culture. Rien d’étonnant non plus que le conférencier sachant exposer la notion de convivencia (co-existence) dans l’histoire du Sud occitan, brocarde le costard trois pièces dont s’effraie le héros en se voyant dans la glace en « épouvantail de château ». Pour soigner sa différence, le héros ne trouvera pas solution. Car, il ne veut pas tuer le père et coucher avec la mère, ainsi qu’il rejette bien des choses et idées. Le « régulateur » n’ayant que des lacunes (crime de lèse majesté psychanalytique), l’envoie à un théosophe ou un ostrogoth. En bien d’autres péripéties, l’auteur s’amuse ainsi tout en signant son désarroi et son rejet hors des certitudes et évidences. Au lecteur de savoir le goûter. Ce petit livre agrafé est disponible pour 4 €.

Contacter l’auteur à <alem.gabrial@free.fr>

ERNAUX Annie, Les Années, roman, Ed. Gallimard.

L’attribution du Nobel me fit plonger dans ce « roman ». Et bien m’en a pris puisque je ne tombai par dans un énième trajet nombriliste prétendant découvrir la lune au fond de soi-même. L’écrivaine évoque la deuxième moitié du XXe siècle par une succession de notes, évocations à partir de photos ou en dérivant, semblant écrites de façon simpliste. Et pourtant, l’ensemble de « lambeaux » de récits qui tisse une toile apparemment sans canevas, hors formats en tout cas, transpire l’âme de décennies vécues. On peut se lasser ou du moins trouver peu originales ces notes. Certaines voix s’élevèrent pour regretter que le Nobel aille ainsi à l’écrivaine du quotidien… au féminin. Pourtant, l’originalité en ce siècle, qui valait bien à mon sens les prix et fleurs obtenus, c’est que la société n’est pas absente et l’histoire encore moins, non pas soustraites de la littérature mais au contraire omniprésentes dans l’écriture dégagée de tout maniérisme précieux et de l’attendrissement réitéré pour soi-même. L’usage du « on » – si justement décrié dans le discours relâché – dit ici la similitude entre le je et le tu ou le il, confirmée par l’émotion des expériences contées où le lecteur se retrouve comme les ayant vécues.

Ce livre est tout sauf un livre d’introspection. Rien à voir du côté de Christine Angot ou des auteurs qui font de l’autofiction. C’est le meilleur éloge que j’en puisse faire. Quelques mots extraits parmi tant d’autres émouvants : « Elle était le centre d’un cercle qui n’aurait pu tourner sans elle, de la décision du lavage des draps aux réservations d’hôtel pour les vacances. Son mari est loin, remarié avec un enfant, sa mère morte, ses fils habitent ailleurs. Elle constate cette dépossession sereinement, comme une trajectoire inéluctable. »

SAURET Marie-Jean, Le Fil politique, recueil de tribunes, Ed. Le Retrait :

Je n’ai plus le désir de lire de la philosophie ni de la psychologie. Peut-être est-ce de les avoir trop enseignées. Ou bien, comme disait Camus, je crois, pour pratiquer la philosophie en écrivant des romans. Le psychanalyste ami qui m’envoie cette édition, est l’auteur d’une quinzaine de livres et d’autres publications comme cette soixantaine de tribunes parues pour la plupart dans la presse, dont bon nombre dans L’Humanité. Soient au moins deux raisons de m’intéresser. D’emblée l’auteur introduit son propos qui est d’apporter à la politique l’aide de la psychanalyse. « Le Discours Analytique jette sur le fait examiné une lumière rasante qui le fait apercevoir d’une manière inédite ». Et il propose de « sonder l’ouvrage à n’importe quelle page », ce que j’invite aussi le lecteur à faire. Cela commence « bien » par « L’Europe boîte à Vienne », un papier sur l’arrivée au pouvoir de l’extrême droite en Autriche, paru dans L’Huma le 22 février 2000. Et cela se poursuit souvent de la même eau inquiète du retour de la bête immonde. Je pêche au passage une mention de Pierre Bruno que je fréquentai étudiant il y a… soixante ans ! Voici de quoi illustrer ce que disait le préambule : « Ce glissement [la dérive droitière] s’avère plus dangereux que le désaxement de la planète et que les conséquences délétères de l’activité humaine sur le climat ». Et de quoi lire avec plaisir et intérêt tout ou partie de cet ouvrage que je recommande au milieu de tant de publications et surtout de palabres futiles ou navrantes.

RAGOUGNEAU Alexis, Palimpseste, roman, Ed. Viviane Hamy :

Un des multiples romans dystopiques paraissant actuellement, celui-ci confirme une vue pessimiste de l’avenir, assez partagée, au moins chez les auteurs. Jeune enfant d’un couple distordu (mère actrice de série et père historien), le héros est pris dans la rupture progressive du couple, en faveur de la mère qui remporte au début du succès. Puis, il l’est dans l’évolution du pays ayant viré au pouvoir d’une femme d’extrême droite dont le populisme retors fait réécrire l’histoire et rafler les livres pour les contrôler et interdire ceux dits dangereux. Sur une terre où il est difficile de vivre entre guerres et nature détruite, il fréquente une partie réservée de la tour des livres où il fréquente un ouvrage de son père sur un camp de concentration de nomades : le camp de Saliers (1942-1944). C’est alors qu’il se met à écrire sur ce livre même, entre les lignes, ce qui en fait une sorte de palimpseste. Nombre de pages du roman sont émouvantes par l’affection et à la fois le reniement du garçon envers ses parents et leur œuvre, tandis que, jouet d’un parti, il devient complice de calomnies envers son père et de fourberie envers sa mère. Sont brocardés au passage le voyeurisme et l’exhibitionnisme des réseaux, ainsi que bien des travers médiatiques contemporains, et surtout le révisionnisme. Avec des lignes fortes et simples comme ces ultimes : «Je marcherai vers la mer. J’y entrerai tout habillé. Le contact de l’eau froide me rappellera des souvenirs. Peut-être était-ce ici, sur cette plage-là précisément, que je me suis baigné la dernière fois. C’était il y a longtemps. Il y avait mon père. Il y avait ma mère. »  Belle histoire inquiétante, où l’on suit des rapports familiaux pris dans les démêlés du monde. L’insertion au long du récit d’extraits de textes concernant l’exclusion des indésirables, dérange souvent. De quoi justifier encore le titre de palimpseste à ce texte qu’il faut gratter pour en mesurer tout le contenu.

Aragon, La Semaine sainte, NRF Gallimard :

Les éditions fourmillent de textes prétendant expliquer le présent. Par tous les petits bouts de la lorgnette, on raconte, on décrit, on commente. Etonamment, on semble ne pas se douter que notre temps est évolutif, du passé à l’avenir. Si bien que les littératures concernant passé ou avenir sont dites « de genre ». En est cause peut-être le désordre de faits et idées adoptant l’idéologie du « no future ». Or, cela est pourtant bien connu, l’Hisoire éclaire souvent le présent.

C’est ainsi que je me suis attelé à la lecture d’un roman d’Aragon : La Semaine sainte. De ce roman, l’auteur assura qu’il n’est pas un roman historique… ou bien que tous les siens le sont. Il relate la semaine de mars 1815 alors que Napoléon, débarqué de l’île d’Elbe, remonte vers Paris et que le roi Louis XVIII et l’ensemble de sa Maison décident de fuir la capitale. On y accompagne Sa Majesté, son entourage et son armée jusqu’à ce que le souverain décide de gagner la Belgique et l’on y suit des personnages historiques réels très nombreux, en particulier des maréchaux d’Empire ralliés depuis 1814 aux Bourbons, avec un personnage central : le peintre Théodore Géricault qui a renoncé à son art pour s’engager dans la carrière militaire.

De la plume d’un auteur dont on a dit pis que pendre en son temps, lui qui s’était fait champion des prolétaires et du communisme, voici que défilent des théories de noms et titres d’aristocrates pris par la débâcle devant l’Empereur Napoléon Premier, de retour lors des Cent jours. De quoi se demander comment l’auteur peut manier avec tant de connaissances tant de personnages. Et de quoi goûter la virtuosité et l’humanité des scènes de fiction, aventures personnelles de ces aristocrates pris dans les rets de l’Histoire. En suivant Aragon dans les arcanes de la pensée et de la sensibilité, on admire la parabole d’une société en déliquescence où les hommes cherchent à sauver leur peau dans le désastre, sorte de transposition du temps de la débâcle française devant l’armée nazie, voire de toute débâcle d’un pouvoir – passé et aussi présent, voire futur – dans laquelle certains cherchent une boussole.

J’avoue en outre atteindre l’admiration quand le narrateur prend du recul pour gloser sur l’art du roman capable de rétrospective mais aussi d’anticipation… Du grand roman, à notre époque où les confidences intimes tiennent lieu de littérature. Et de la grande intelligence.

Houellebecq Michel, La Possibilité d’une île, éd. J’ai lu :

Je n’avais pas jugé jusqu’alors devoir lire un auteur dont tous les médias annoncent le prochain roman six mois à l’avance tandis que des milliers d’autres galèrent des années pour tenter d’obtenir ne serait-ce qu’une lecture chez un véritable éditeur. Cependant, préoccupé ces temps-ci par l’avenir, j’ai voulu récemment me lancer dans les presque 500 pages de son quatrième roman qui a reçu le prix Interallié en 2005. Il s’agit d’un roman dystopique, tentant de donner une vision d’un futur – disons – au contraire d’une utopie. Cela commence fort par un avertissement définissant « la position de l’écrivain qui est la mienne » : dans une cabine téléphonique après la fin du monde, appelant partout toujours sans réponse… On se demande pourquoi et comment écrit-il alors des livres publiés par centaines de milliers d’exemplaires !

Je n’ai pas voulu compulser les commentaires dithyrambiques accompagnant la sortie de cet opus comme celle des autres. J’ai lu personnellement et loyalement, prêt à m’émouvoir ou à m’ébaubir comme à m’indigner au besoin. Et je dois dire que je n’ai pas été déçu. Car cela commence très fort : « j’eus la vision de sa chatte – saccadée, pixellisée, mais étrangement réelle. » Certes, la problématique semble existentielle : « chatte branchée sur les mystères […] sur l’essence du monde », mais plus loin se confirmera un discours trivial, pornographique bien que tragique, à des années lumière de l’érotisme poétique.

Heureusement, l’auteur a conçu pour débiter ce genre de réflexion un roman exprimant aussi et surtout l’angoisse d’un avenir intelligemment imaginé et bien documenté comme possible. Il nous livre un montage ingénieux et même, soyons justes, assez voyant, par lequel écrivent des personnages de temps différents : un futur médiatique proche ressemblant comme deux gouttes d’eau à notre présent… et un autre avenir lointain au bout de longs siècles (après une série de catastrophes terribles, dites Diminutions) temps de « néo-humains » : surhumains biologiquement et technologiquement mais privés d’humanité sentimentale. Et je dois avouer que ce roman est bien expérimental au sens aragonien, en ce qu’il tâche d’imaginer par avance le vrai à venir ou du moins le possible, hélas. Cela ne manque pas de sensibilité à vif, voire de lucidité vertigineuse. Par delà une nostalgie de l’amour possible seulement au futur passé, quel pessimisme absolu dévalorisant tout et tous, y compris soi-même ! J’ai coché maintes et maintes pages, il faudrait tout un livre – et peut-être plusieurs – pour analyser celui-ci. Reconnaissons qu’il s’agit d’une tout autre pointure que bien des publications actuelles revenant à des confidences à peine questionnées. Le jugement final : « Le bonheur n’était pas un horizon possible », confirme que, si l’auteur est comme un de ses personnages d’« une veine anarchiste de droite », il allie à une conscience d’écorché une désespérance qui séduit évidemment ses thuriféraires. Malgré l’admiration que ne manque pas d’éveiller la conscience vive, la grande culture, l’habileté littéraire et l’audace expressive du livre, je ne suis pas de ceux-là.

SVAHNSTROEM Svante, J’Adhère à la brique, poèmes, Ed. N et B Poésie :

Titre polysémique pour un auteur qui aime tant jouer sur les mots, de ce jeu particulier qui se joue du sens en une poésie ne craignant pas l’exercice formel, différemment mais dans l’esprit de l’OULIPO. L’ami Svante, côtoyé en des animations poétiques à l’Ostal d’Occitania, tient vraiment à cette adhérence-adhésion à l’Occitanie, un comble pour un wiking ! Il ne s’en tire pas mal avec quelques vers en occitan et surtout des hymnes à la ville rose : « Ah, Toulouse / Quel bonheur cette nouvelle peau sur mes épaules […] Mais je retiens ici la coubibencio / Dans ma nouvelle vie c’est par « Merci, au revoir » / à la descente de l’autobus ». Ecriture bien différente de celle qui combine des mots de langues très diverses pour en tirer des vers par opération qu’il baptise : « universification ». Bien différente aussi de sortes de haikus embrassant suédois et français sur la page, non sans signifier les embrassements du corps et de l’âme, thème apparemment préoccupant pour cet homme qui chante aussi les malheurs de Notre-dame à Paris. Bénigne trahison pour le voisin des sanctuaires romans de briques ! « Un homme occitan presque » et aussi « Un Suédois qui demeure suédois ».

VONARBURG Elisabeth, Chronique du pays des mères, Folio SF 

Les romans dystopiques ont leurs aficionados car ils brossent un monde futur imaginé en fonction de notre présent. Et bien que l’histoire me passionne toujours, le passé expliquant ce présent, on peut être aujourd’hui anxieux de l’avenir et désireux de savoir quels pourraient en être les contours.

Voici une histoire qui se déroule plusieurs siècles plus tard, dans un étrange monde en partie inconnu suite à un énorme cataclysme. L’originalité est que ce cataclysme n’est pas une catastrophe du genre de la tour infernale, mais plutôt un dépérissement, nommé le Déclin, de la société morte de ses propres défauts. Au Pays des Mères, quelque part sur une Terre dévastée en train de se remettre lentement, les hommes sont très rares. Seules les Captes des Familles – les Mères – font leur enfantes avec les Mâles. Les autres femmes doivent utiliser une forme hasardeuse d’insémination artificielle.

Ceci est l’occasion d’un récit captivant par son mystère, les événements ayant conduit à l’état actuel ne se devinant que peu à peu le long des presque huit cents pages. Captivant, il l’est aussi par ses thèmes, non seulement l’humanité sinistrée géographiquement mais encore sexuellement puisque ne survivent que très peu d’hommes et que l’acte est réservé à une petite élite féminine.

Le roman est aussi bien sûr entreprise d’écriture, notamment avec la féminisation de mots couramment masculins pour désigner les deux genres : « enfante, animale, etc ». On suit plus difficilement le remplacement de il ou elle par Elli, sorte de divinité qui me reste floue.

De la belle ouvrage de romancière ne se bornant pas à distraire. Un regret cependant, en cette dystopie féministe, les errances des monologues intérieurs s’étirent parfois trop en mode échange de collégiennes bavardes. Le même livre en deux cents pages de moins aurait peut-être été meilleur ? Pas sûr, l’auteur a quand même mis vingt ans à l’écrire et le réécrire…

LEVY Marc, Les Enfants de la liberté, Ed. Pocket 

Je n’avais aucune envie de lire un auteur aussi adulé des médias et donc du public, alors que certains, tel Patrick Besson, trouvent dans ses lignes des « idées toutes faites ». Ce roman, tiré de la bibliothèque de ma mère, m’est cependant tombé dans les mains et, par intérêt pour la Résistance et Toulouse, je m’y suis plongé.

Belle histoire que celle du père de l’auteur, Raymond, résistant à dix-huit ans, qui va hanter les rues de la ville rose avant d’être emprisonné à la prison Saint-Michel puis de s’évader du « train fantôme » errant plein de déportés vers les camps. Surtout, le parti pris de conter à la première personne en une pseudo autobiographie, est touchant et réussi. On y retrouve les épisodes marquants de l’Histoire de l’Occupation à Toulouse, un dispositif artisanal pour lancer des tracts depuis les toits au passage de Pétain en visite, l’affaire Marcel Langer, guillotiné à la prison Saint-Michel, puis l’attentat contre le procureur qui l’avait afit condamner. Et encore l’attentat manqué au Cinéma les Variétés, dont furent victimes leurs auteurs évoqués avec une étrange omission, celle du chef du commando : David Freiman. La Résistance est et reste pleine de mystères…

J’ai pris plaisir à suivre péripéties et états d’âme dits d’une écriture simple, sans effet, parfois confinant toutefois au banal de l’oralité (« un truc aussi vieux que le monde », on l’a déjà dit). Ce livre est sans aucun doute prenant. Pourtant, à le lire et surtout à voir l’abondance des « réussites » de Marc Levy (livres, films, BD…), je me demande si la place de ce père évoqué et invoqué, écrivain et éditeur, n’expliquerait pas, en partie au moins, la notoriété du fils.

COMBES Francis, Lettres d’amour, poste restante, poèmes, Ed. La Passe du vent.

Francis est un vieil ami qui a bourlingué sur les sentiers et autoroutes de la poésie, pour arriver à La Passe du vent, chez Thierry Renard, un autre ami, militant de la poésie depuis qu’il sait écrire. Le volume de ses productions est impressionnant (non loin de 200 pages) comme l’est la réitération des déclarations d’amour déclinées sous diverses formes, y comprise le sonnet, sans exclure non plus l’humour comme dans Le Sonnet du cul. Car Francis est de ceux – assez rares aujourd’hui – qui ne se sentent pas contraints par la mode, ni en forme ni en fond. Et il faut le lire pour se laisser porter par ses accents sincères, parfois banals : « il lui rapporte une fleur/ cueillie au bord du chemin ou lui offre un poème[…] » mais souvent prenants comme la passion : « Force miraculeuse de la faiblesse d’aimer par quoi le jour lui-même est tout transfiguré. ». Et le tout se conjugue en élégies à sa compagne : « Patricia, la femme avec qui je partage mon voyage tout autour de la terre/ reste toujours connectée/Quelle que soit l’heure ou le lieu […] » Au reste, il déclare dans l’entretien en épilogue : « Dans toute relation amoureuse, il y a une part de politique… » Bien que le fait soit étonnant, on comprend alors qu’il donne des cours sur la poésie à Sciences Po Paris. Comme il serait bon que nos politiques et cadres supérieurs suivent quelque peu les chansons d’amour, plutôt que le chant des sirènes économiques dites « libérales » qui nous mènent au désastre !

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